Création 2014

 

CRÉATION DU 3 AU 23 JUILLET 2014

FESTIVAL VILLENEUVE EN SCENE – VILLENEUVE LES AVIGNON

 

 

Texte : Paul Emond

Mise en scène : René Pareja

Avec : René Pareja, Yvan Zekar, Loïc Faucheux

 

 

L'HISTOIRE

Renatos, frère de Créon, considéré par tous comme un bouffon, a fui Thèbes.

Avec Ivanos, le musicien qui l'a recueilli et Loïcos, maître de cérémonie silencieux, il raconte son histoire, mémoire du temps où la peste, les rivalités meurtrières et les guerres affligeaient la Cité.

Il aime les fleurs, la compagnie, le chant, la danse et le vin. Autant d'affinités indispensables pour dire la litanie funèbre des enfants d'Œdipe. Une histoire qui ne cesse de se répéter et qui ressemble à nos existences.

Yvanos avec sa flûte, son tambour et sa trompette aide à dire l'histoire d'Antigone. Sa musique lancinante, nous berce et nous console.

Loïcos, le silencieux, a tracé à la craie des silhouettes et dessiné la piste sur laquelle Renatos joue avec ce qu'il a sous les pieds, en équilibre, corde tendue entre le bas et le haut.

 

NOTE D'INTENTION

Peut-on vraiment s'éloigner des questions que nous pose la tragédie d'Antigone ?

Les hommes et les femmes, les jeunes et les vieux, les vivants et les morts, la loi des Dieux et la loi des hommes, le pouvoir et l'amour. On aimerait tant trouver la bonne distance, être au bon endroit pour échapper au poids de la tragédie.

Alors, pour être loin, n'oublions pas… parlons-en… Pour traverser au mieux nos existences…

A ciel ouvert, les spectateurs en petit nombre forment un cercle autour d'une piste de terre et de sable, se font face et recréent de la sorte une communauté où chacun se reconnaît ; étranger, semblable et unique.

Un spectacle qui honore les morts et ne cesse de s'adresser aux vivants, interprété par une compagnie foraine qui avec légèreté, entraîne le spectateur dans un tourbillon, un rituel libératoire où l'humour vient régulièrement faire contrepoint à l'enflure du pouvoir et à sa déraison.

Et si l'art et la fantaisie étaient les moyens d'accepter le poids de l'Histoire et de nos existences?

© Nord Ouest Théâtre

 

LE MOT DE L'AUTEUR

ECRIRE POUR L'AUTRE de Paul Emond

 

J’écris pour René Paréja depuis de nombreuses années. Pour un auteur, le compagnonnage avec un metteur en scène et acteur est une chose essentielle. La complicité qui s’intensifie de texte en texte et de spectacle en spectacle l’amène, au sens le plus fort du terme, à écrire pour l’autre. Il sait de quelle façon et aussi de quelle façon inattendue celui-ci s’emparera de son texte, lui donnera vie, corps et parole, vers quelle joyeuse folie il l’emmènera. Avec René et son théâtre forain, j’ai été ainsi de fête en fête, les mots de chaque pièce que je lui proposais devenant autant de fusées d’un superbe feu d’artifice.

Avec C’est par là, qu’il a promené en 2013 pendant plusieurs mois en Tunisie, puis ramené en juillet au Festival de Villeneuve en scène, j’ai vu le petit jeu de miroirs qui organisait ce récit devenir un objet théâtral totalement inédit, jeu vertigineux de doubles et d’une merveilleuse humanité. « Je n’ai jamais réalisé qu’un spectacle pouvait si simplement raconter le bonheur… », m’a glissé dans l’oreille le directeur du festival. Bonheur aussi pour l’auteur d’avoir senti combien l’autre avait si bien tiré sur le fil que toute la pelote s’était dévidée comme par magie.

Aussi quand René a évoqué devant moi son envie très intense d’un nouveau travail, cette fois sur le thème d’Antigone, je n’ai pas hésité une seule seconde. « Je te l’écris !» C’est vrai aussi qu’il y a des années que je traîne dans la tête cette histoire d’Antigone et de Créon et que l’occasion était trop belle de la raconter à ma façon. Oui, je sais, je sais, on l’a déjà racontée mille et une fois. Mais toujours en prenant le parti de l’un ou de l’autre, en sacralisant le mythe, en sautant à pieds joints dans sa dimension tragique. Alors qu’avec mon autre, mon complice, le narrateur forain, le bonimenteur, un tout autre regard était possible. Le regard de celui qui ne veut plus se laisser prendre au jeu, de celui pour lequel cette dimension tragique n’a pas à habiter nos existences d’un bout à l’autre, tout simplement parce que celles-ci méritent mieux. René est donc devenu Renatos, le frère de Jocaste et de Créon, le mal-aimé de cette famille de puissants, celui que l’on considère comme un bouffon, un Renatos qui ne se sent pas très concerné par les jeux de pouvoir et de mort dont est fait, de génération en génération, le destin de ces Labdacides.

Raconter l’histoire d’Antigone, la considérer avec toute la pitié qu’elle mérite mais dire aussi que le monde a besoin d’autre chose que des conflits permanents et sanglants de la tragédie : qui donc mieux que René et le théâtre qu’il pratique pourraient porter cela à la scène ?

 

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Une réflexion au sujet de « Création 2014 »

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