Retour sur « Villeneuve en Scène » et rentrée…

Mis en avant

 

Quelques mots pour raconter la fin de notre aventure Franco-Tunisienne…

Le 30 juin, nous avons retrouvé nos amis Kilo et Karo à l'aéroport de Marseille-Marignane. Des retrouvailles très chaleureuses après quelques jours de séparations. Nous étions prêts à les accueillir et organiser une forme de réciprocité.

En route pour Villeneuve-Lès-Avignon, nous avons pris soin de quitter l'autoroute, de leur faire découvrir un peu du pays.

A leur arrivée, ils découvrirent le site du festival et nous comprenions qu'ils étaient impressionnés. La différence était importante. Très vite nous avons commencé les répétitions avant la générale.

Nous nous posions la question de savoir comment le public allait recevoir ce spectacle bilingue. Nous sentions, que nous avions fabriqué un objet original et nous en eûmes la confirmation dès la générale publique. Nous avions crée un spectacle chaleureux, intime qui su rencontrer tout au long du festival son public.

Bien sûr, nous avions le cœur serré après la dernière. Nous avions vécu tant de chose ensemble mais nous étions très satisfaits de ce que nous avions partagé.

 

 

Et la rentrée…

Quant à Nord Ouest Théâtre ; Renato, Rico et Léo nous continuons de jouer "C'est par là" dans sa version française dans quatre villes de l'Eure : Gaillon, Evreux, Broglie et Gisors du 16 septembre au 4 octobre.

Et nous savons déjà combien notre expérience tunisienne a transformé notre approche du texte ainsi que son interprétation…

On the road again.

Hier Tunis, demain Villeneuve lez Avignon

Mercredi 12 Juin : Arrivée à Marseille, Terminal 4

 

Dès la sortie, nous sommes attendus par Michel Crespin et sa chéchia rouge qu'il porte avec panache. Il nous emmène à la Cité des Arts de la Rue pour y déposer notre caravane qui après notre périple nécessite quelques soins.

Visite accélérée du bus-bureau de Michel, nous y boirons cependant un verre et nous voilà à la gare Saint-Charles. Ce soir nous serons à Caen.

 

Et le lendemain : « alors ? C'était comment ? T'es bronzé… »

En fait, sans nous en rendre compte, notre centre s'était déplacé, nos points de vue avaient bougés. Nous n'étions plus là-bas et pas totalement ici.

Dans la rue Normande, surtout ne pas chercher à marcher à l'ombre mais choisir le trottoir le plus ensoleillé ; celui où tout le monde se trouve, bien entendu…

 

Mais l'arrivée à Caen ne constitue pas la fin du périple. Rendez-vous dimanche 30 juin à l'aéroport de Marseille pour retrouver Caro et Kilo et poursuivre un peu de notre épopée au festival « Villeneuve en scène » du 4 au 24 juillet 2013.

 

Qu'est devenu le capitaine Fracasse ?  Depuis son retour, il trouve la Normandie très verte...

 

 

Festival Villeneuve en Scène

du 4 au 24 juillet 2013

Représentations tous les jours à 19h (relâche le 13)

 

Toute la programmation : ici

Suite Tozeur, Tunis et fin…

Mercredi 22 mai :

Reprise des répétitions et rencontre avec les membres de l'association théâtrale de Tozeur. Ils demandent à Rénato de parler des Arts de la rue, de l'espace public, du Théâtre ambulant. L'échange est très attentif. Chacun, dans cette assemblée est conscient de vivre un moment particulier de l'histoire où la place de l'art et de l'espace public sont questionnés.

Nous avons mis à profit ces journées avant la première représentation de jeudi pour répéter et produire quelques améliorations, modifier le costume de Caro pour la rendre plus fluide et aussi plus archaïque, plus étrange,plus forte.

Une telle métamorphose ne se passe pas sans émotion. Rénato continua de faire travailler Caro alors qu'elle était totalement bouleversée. La tension était palpable. Sur les gradins Léo et Rico ne restaient pas impassibles.

Comment déterminer les limites du travail de l'art dramatique ? Le soir dans la caravane, la polémique fut animée, vive.

 

Jeudi 23 Mai :

Représentation 19 h. Bien sûr, elle commença avec un peu de retard.

Mais, la magie était là.

Entouré par les palmiers, le spectacle déployait ses couleurs. L'énergie des acteurs était légère et subtile. Bien sûr, avant la représentation, ils avaient refait le cercle.

Comment déterminer les limites du travail de l'art dramatique ? Ce soir là, la métamorphose était réussie. Pour autant la question doit continuer de nous travailler.

 

Ah, oui, j'ai oublié de vous parler des moustiques pendant le spectacle...

 

Vendredi 24 Mai :

Représentation 19 h.

Avant l'entrée des spectateurs, les acteurs refont le cercle.

Et ça marche.Le spectacle devient clair, baigné de l'humour propre à son auteur. Les spectateurs nous suivent l'oeil brillant, sourire au lèvre.

Ah, oui, j'ai oublié de vous parler des moustiques pendant le spectacle...

 

Samedi 25 Mai :

Dernière représentation de notre cycle de 6 villes.

Nous savons qu'il y aura peu de monde. L'équipe de foot de Tozeur vient de passer en première division.En ville c'est la fête.

Cependant l'ambiance est sereine et l'équipe refait le cercle. Le spectacle trouve son rythme et déploie ses charmes. Derrière les acteurs la pleine lune éclaire les palmiers.

 

Après le repas nous nous retrouverons autour d'une grande table. Ce soir, dîner aux chandelles. Au menu : fruits à volonté.

A Tozeur, la relation s'enracine. Nous rêvons d'un théâtre ambulant comme il en a existé au début de l'association théâtrale El Jerid, en 1937, pour défendre l'identité culturelle face au colonisateur.

A la fin du voyage, nous cheminons dans la nuit. Les désirs s'entrecroisent, les rêves se conjuguent. On nous demande l'adaptation complète de « c'est par là » en arabe.

L'année prochaine, sous une autre forme, le texte de Paul Emond continuera son errance.

 

Et le Capitaine Fracasse ?

Il a rendez-vous mardi prochain à l'Institut Français de Coopération de Tunis avec son directeur, son attachée culturelle ayant choisi de ne plus nous recevoir après que nous lui ayons signifié que ses propos désignant les Tunisiens étaient indignes de la fonction qu'elle exerce.

 

Lundi 27 Mai :

Tunis

Il fait déjà nuit quand le taxi, chargé de nous conduire, au bout d'une bonne heure à chercher le bon passage pour la bonne rue nous dépose devant l'ISAD (Institut Supérieur d'Art Dramatique). Vexé de ne pas connaître cette adresse, notre taxi avait remis son compteur à zéro.

Ouvrir le portail, pousser les poubelles, manoeuvrer la caravane, fermer le portail, brancher l'eau et l'électricité, manger et surtout dormir.

Le matin nous avions quitté la palmeraie de Tozeur pour rejoindre Tunis en passant par Kairouan et sa grande plaine : vitesse moyenne de notre convoi : 50 km à l'heure.

Dormir, rêver peut-être !

A l'ISAD,les étudiants se rapprochent des examens et ils y répètent toutes les nuits.

 

Mardi 28 Mai :

Sous le regard des étudiants et des ouvriers de l'Institut, mais avec l'aide des femmes de ménage, nous débarrassons la cour de la dizaine de mètres cube de gravas divers qui l'encombre, pour installer la caravane en regard de nos gradins.

 

 

Gymnastique matinale : « soyez les bienvenus, faites comme chez vous ! » .

 

14h30 : RDV à l'Institut Français de Coopération de Tunis.

Nous sommes reçus par le directeur qui nous nous parle sans détours de son désaroi face à l'attitude de son attachée culturelle. Il nous affirme tout son intérêt pour notre démarche et ne manquera pas de faire tout son possible pour nous aider financièrement pour le deuxième volet de notre aventure, à savoir : le festival de "Villeneuve en Scène".

Le président de Nord Ouest Théâtre est satisfait de la teneur de l'entretien tandis que son directeur est plus dans le doute.

 

Mercredi 29 Mai :

Le directeur de Nord Ouest Théâtre se rend au Théâtre National de Tunisie pour lequel nous devons animer un stage de formation avec ses élèves circassiens.

Après quelques minutes à discuter à l'accueil, rencontre avec les techniciens en charge du pôle cirque (Medi et Nourdine). C'est grâce à eux que le contact passe. Ils seront toujours présents et disponibles durant tout le stage.

 

Samedi 1er Juin :

Le stage a lieu à l'ISAD dont les bâtiments constituent une forme de petite ville avec places, rues et ruelles.

10 h du matin, sur les gradins, nous faisons connaissance puis visitons ensemble l'établissement. Le cadre est donné : l'espace public.

Nous nous quittons à midi, des premiers textes sont distribués. Rendez-vous à lundi.

Mais ne devait il pas y avoir le premier des « Capitaine Fracasse », le Commandeur de l'espace public, Omar dit Michel Crespin ?

« Monsieur Crespin » nous avait fait le plaisir d'accepter de diriger le stage avec nous. Il dut livrer une rude bataille pour réussir à embarquer à Marseille, franchir les frontières et enfin débarquer le dimanche 2 juin à l'aeroport de Tunis. Cette épopée mériterait un plus long développement mais revenons à notre formation.

 

Lundi 3 juin :

Notre équipe de choc est au complet.

Heddi Aïssa, l'adaptateur du texte «  C'est par là » est aussi des nôtres, sa contribution est très précieuse : les textes poétiques et politiques qu'il propose serviront d'ossature à la semaine de formation.

Accompagnés de quelques étudiants de l'ISAD, les circassiens vont s'emparer du stage avec énergie, se révélant à eux mêmes, au groupe et à leurs responsables du pôle cirque.

Le titre du stage est trouvé par Omar (c'est ainsi que nous appellerons Michel Crespin) : "Prouesse, Espace, Théâtre"

Un objectif est très vite fixé : vendredi à 17 h , présentation publique du travail réalisé.

Trapèze, tissus, mât chinois, acrobaties, drapeaux, textes, tout cela trouve sa place dans l'espace et se théâtralise.

 

 

 

 

Mardi 4 juin :

20 h :dernière représentation du spectacle « c'est par là » en Tunisie.

 

 

 

 

Dans la cour de l'ISAD face à la caravane les gradins sont pleins. Sur les murs, un graff énorme à l'effigie du Che Guevara.

Les spectateurs de Tunis sont ils différents de ceux d'Houmt Souk, de Zarsis, de Metameur, de Gafsa, de Douz, de Tozeur ? Voilà une question à laquelle Che Guevra ne répondra plus.

 

 

 

 

Ce soir là, nous touchions au terme de notre aventure.

 

Vendredi 7 juin :

Le groupe est maintenant bien formé. Pour beaucoup c'est leur première représentation. L'émotion est forte et l'enjeu bien perçu.

Le spectacle commence, Léo tape sur une grosse caisse. A l'autre bout de la rue les drapeaux s'agitent. Les spectateurs comprennent qu' il faut suivre les acteurs…au son du flûtiau de Léo !

« République, ne pas tomber, tenir » sont les mots qui tissent la représentation.

Les artistes, ce jour là, à Tunis portent le verbe dans chacune de leurs actions.

 

Samedi 8 juin :

Week-end culturel en Tunisie ; visite du site romain de Douga. Emerveillement devant l'organisation de la Cité.

 

 

 

Premier Symposium Franco-Tunisien in situ : "Urbanité ou foranité, quel devenir pour les Arts de la Rue ? "

 

 

 

Lundi 10 juin :

Dernière nuit en Tunisie. Nous nous installons sur le port de la Goulette , prêts à embarquer le lendemain matin.

Ce soir là, Mongi et Heddi, nos comparses des premières tournées en Tunisie sans se concerter nous apportaient de la mlouria, de la loubia et des salades… tunisiennes.

Au fait : faites moi penser à vous donner la recette de la mlouria.

 

 

 

 

 

 

2eme partie de la tournée en Tunisie : Douz, Gafsa, Tozeur

Deuxième partie de notre aventure…

 

Lundi 6 mai : arrivée au centre d'hébergement à Douz.

Première nuit sous les eucalyptus.

Après les Maisons de la Culture et le Centre Dramatique, nous sommes reçus ici par une association de théâtre amateur. Pas de ministre, pas d'enjeu, juste le plaisir et l'engagement d'une vie, celle de son président, Mansour.

La température est chaude : 38° sous abri

 

Jeudi 9 mai : le spectacle est prévu à 20 h.

A 19h, nous attendons Mansour. Nous comprendrons plus tard qu'il a été retenu par son patron. En effet, Mansour est un amateur.

A 20h : pas de spectateur. «  ils vont arriver » nous dit une personne dont on comprendra plus tard qu'elle est le trésorier de l'association et qu'elle représente Mansour.

La représentation commence tard.

Accrocher vos ceintures : le spectacle va commencer… le spectacle commence… Et à ce moment précis : panne de moteur, pas de gaz. Nous n'arrivons pas à décoller, nous risquons de nous écraser.

L'Art comme véhicule : ce n'est pas qu'une formule.

A peine le spectacle commencé, Rénato arrête la machine, la ramène en début de piste et remet les gaz.

Les spectateurs assisteront à un représentation unique. La tension dramatique était palpable. Ce soir là nous avons touché du doigt toute la fragilité de notre condition d'acteur.

 

Vendredi 10 mai : à 19h, tout le monde est sur le pont.

Les passionnés de théâtre de Douz ont vécu avec nous la représentation de la veille. Eux aussi ont ressenti le frisson d 'une éventuelle catastrophe. Ils sont là, tendres et mobilisés.

Les acteurs retrouvent les gestes tribaux, ils font cercle, se réconfortent.

La nuit est belle, nous retrouvons nos sensations, la chaleur nous porte.

Ce soir, le Théâtre fait sens.

L'Art comme véhicule n'est pas un vain mot.

 

Nord Ouest Théâtre

 

Douz, nous n'oublierons pas.

Le capitaine Fracasse a bien failli ne jamais en revenir.

 

Dimanche 12 mai : Gafsa

Nous sommes reçus par le Centre Dramatique et Scénique ; une équipe qui au cours de notre repérage avait été très professionnelle, claire et précise. Tout était prêt. Il nous restait à découvrir l'armée Mexicaine (3 directeurs pour 7 permanents) et ses conséquences en matière de relations et de compréhension.

Pauvre Rico qui était chargé de la mise en place des 6 projecteurs nécessaires au spectacle. Sous son bonnet, la colère grondait.

Ne devant compter que sur nous-même, nous sommes partis à la recherche de correspondants de presse, d'animateurs de radio locale. Belle initiative qui nous fit rencontrer de très belles personnes dont Lakdar.

Lakdar est patron de la boutique « beau soleil », place centrale. Il a été architecte, acteur dans de nombreux films (Poli en Tunisie…), journaliste et puis pendant plus de vingt ans : plus rien, juste un boutiquier, vendeur de parfums made in China, de plaques d'immatriculation, de cartes postales, de pellicules photo et aussi photographe pour photos d'identité. Depuis, il est correspondant de presse et il a retrouvé le goût de l'écriture. Sur le trottoir, devant la boutique « beau soleil » : un arbre, planté par son père. Autour de l'arbre, un banc carrelé fabriqué par l'hôte du lieu qui met à la disposition de chacun la presse qu'il reçoit le matin.

 

Jeudi 16 Mai : représentation à 19h.

Parmi les premiers à arriver : 3 policiers en civil et 2 en uniforme. Parmi le maigre public : Lakdar bien sûr, le concierge de la bibliothèque dans la cour de laquelle nous jouons, Nourdine qui nous invitera à manger le couscous chez lui et sur le côté nos policiers .

Le spectacle trouve sa vitesse, l'équipe en oublie la galère de lumière.

 

Vendredi 17 mai :

Personne du centre dramatique (je ne leur donne plus la majuscule).

Pourtant ce soir là : le concierge, comme la veille au soir viendra au spectacle après s'être changé et un de nos policiers prendra place sur les gradins.

Alors oui : Gafsa est une ville exceptionnelle.

 

Dimanche 19 mai :

En route pour Tozeur. Nourdine, spectateur de Gafsa et grand connaisseur de la Normandie nous amène à Métlaoui pour prendre "le lézard rouge", célèbre train rouge du bey de Tunis et qui aujourd'hui serpente entre les mines de phosphate.

Dans le train, peu de touristes, il est rempli de Tunisiens en voyage d'entreprise. L'ambiance est joyeuse, on chante, on danse. Le train ne partira pas suite au mouvement de grève des ouvriers de la compagnie de transport, pourtant ce fut un beau voyage.

Arrivée à la palmeraie de Tozeur dans l'après-midi.

L'association théâtrale est bien présente. Après l'installation de la caravane et des gradins, nous nous retrouvons avec nos hôtes pour une première réunion de mise au point sous les palmiers.

Karine, notre administratrice, débarque à l'aéroport de Tozeur à 21 h. Elle nous rapporte des nouvelles de la Normandie : le pays lointain.

Début de soirée: invitation à partager le verre de l'amitié, nous commençons à mieux nous connaître. Le contenu des verres y est sans doute pour quelque chose.

 

Lundi 20 mai :

Tourisme culturel : nous partons nous baigner dans les oasis de montagne. L'eau est bonne, la température très agréable, le paysage merveilleux. Un programme chargé, culturellement très enrichissant.

 

Nord Ouest Théâtre

 

Dans la soirée : verre de l'amitié.

 

Mardi 21 mai :

Montage de la lumière. C'est toujours un moment remarquable. Rico, qui a pourtant connu l'Amérique Latine, continue de s'étonner sur le sens des mots, comme, pied à crémaillère. Mesquine Rico !

 

Mercredi 22 mai :

Reprise des répétitions et rencontre avec les membres de l'association théâtrale de Tozeur. Ils demandent à Rénato de parler des Arts de la rue, de l'espace public, du Théâtre ambulant. L'échange est exigeant, pour chacun, il résonne dans un moment très particulier de l'Histoire.

 

Demain représentation…

 

 

Suite de la tournée, Houmt Souk, Zarzis et Medenine…

Lundi 11 avril, Houmt Souk :

Installation sur la place publique à Houmt-Souk, derrière la Maison de la Culture, le siège de l'union de l'agriculture et de la pêche et la Zouira Abd El Kader.

Première représentation. Serons-nous à la hauteur ? Renato et Rico sont heureux de rencontrer ce premier public tunisien. Léo, lui, est dans sa régie, derrière son piano. Pour les acteurs Tunisiens, auxquels il nous faudra bien trouver un surnom, la tâche est plus difficile. Kilani joue sur son terrain et tous les acteurs savent bien que c'est la chose la plus difficile. Pour Nourhène c'est un peu la même chose.

Nous attendions un débordement de la foule : les gradins étaient juste pleins. Mais que de tendresse dans les regards, que d'écoute bien attentionnée.

 

Pour cette première, nous fûmes gâtés. Après le spectacle, les commentaires furent nombreux. Ils portaient le plus souvent sur le mélange des deux langues ainsi que sur la poésie que déploie le spectacle.

Sur la place publique, dans le prolongement de la terrasse d'un café à l'arrière de la maison de la culture, nous étions loin des artifices des premières. Pourtant le spectacle fini, notre table avait fière allure placée entre la caravane et les gradins. Trois spectateurs partagèrent ce repas de première élaboré par nos soins dans la douceur de la nuit tunisienne.

 

Première à Houmt Souk   © Nord Ouest Théâtre

 

Le lendemain,18 heures : « Pouvez-vous retarder le début du spectacle » ? En effet, au même moment, juste à quelques mètres se terminait le vernissage d'une exposition. La logique tunisienne dans toute sa beauté. Quelques minutes plus tard la représentation commençait, plus fluide, plus souple. Entre les cinq acteurs du spectacle, nous commençions à former une troupe.

 

Lundi 15 avril, Zarzis :

Rendez-vous au lycée, route de Ben Guerdane. La caravane et les gradins sont installés dans la cour.

Représentation le mercredi et le jeudi à 10 heures du matin.

Est-ce le fait de jouer le matin, le vent qui ne cesse de souffler ou l'annonce de la grève de l'enseignement : la représentation du mercredi manqua d'inspiration.

Jeudi matin, le vent cessa de souffler. On dit ici que le vent peut rendre fou. Quoi qu'il en soit la représentation fut une des plus belles, des plus délicates, des plus harmonieuses que chacun d'entre nous ait pu vivre au cours de son métier d'acteur. C'est pour ces moments-là que nous faisons notre travail. Et, c'est pour ces moments-là que nous continuerons à le faire. Dans la cour du lycée technique, Dyonisios nous avait donné rendez-vous. La densité de l'air était changée. L'espace était en vibration. Nous nous sentions portés, transportés par les regards et l'écoute d'un public coloré. Le bleu du ciel dessinait sa toile peinte. Tout était théâtre.

Jeudi soir, sur la place derrière la maison de la culture, nous étions installés juste à côté du souk.

 

Zarzis    © Nord Ouest Théâtre

 

Samedi 20 avril, 18 heures :

Il nous aura fallu une journée pour mettre en place les six projecteurs nécessaires à la représentation et nous confronter à la réalité technique du pays.

Le proviseur du lycée technique était présent avec sa famille. L'enseignante de français n'aurait manqué pour rien au monde la représentation. Slim le jeune adulte que nous avions rencontré deux ans auparavant et qui nous avait raconté son besoin, son désir de franchir la mer, de vivre son rêve d'eldorado, était là.

Pourtant, la représentation ne trouva jamais son rythme. L'ombre de la représentation du jeudi au lycée était trop forte. Les spectateurs étaient réjouis, mais comment expliquer notre sentiment ? C'est aussi cela le théâtre. Quelques moments de grâce, de légèreté et puis retour à la dureté de nos humanités. C'est aussi pour cela que nous l'aimons tant.

 

Dimanche 21 avril : en route pour Médenine et installation dans l'école primaire de Metameur dans la banlieue, sur la route de Matmata.

Arrivée dans l'après-midi, toute l'école est là pour nous recevoir et nous aider à nous installer. Prise en main efficace de la communauté des enseignants qui furent à nos côtés tout au long de la semaine.

 

Lundi 20 avril : inauguration officielle du Festival Expérimental de Médenine en présence de Monsieur le Ministre de la Culture. Les rituels sont immuables et les petits fours tunisiens (petite pensée émue pour les comédiens qui derrière les pendrillons attendaient la fin du discours avant d'entrer en scène ).

 

Medenine

 

Retour à l'école primaire, haut lieu des affrontements contre l'armée allemande. Fondée en 1912, elle fut reconstruite en 1946. Fierté de ses occupants de vivre dans un lieu chargé d'histoire. C'est aussi ici, dans ce village que la lutte pour l'indépendance fit de nombreuses victimes.

Chaque récréation est l'occasion pour toute école de se retrouver sur nos gradins. Les enfants assisteront à des répétitions, ils rencontreront même une équipe de télévision.

Chaque matin, le drapeau rouge et blanc de la Tunisie est hissé par deux enfants pendant que les autres chantent l'hymne national.

Nous faisons partie de l'école. Les enfants ont totalement adopté notre dispositif. Le jour de la première, nous en subirons les conséquences…

 

Jeudi 25 avril : représentation à 18 heures.

Une heure avant, les gradins sont remplis. La foule s'amasse. Elle nous envahit. Les gens sont partout autour de nous et même à l'arrière de notre caravane. Les discussions vont bon train. L'espace est soudain réduit. Il nous faudra jouer en déplaçant des spectateurs, en essayant de se faire entendre. Les spectateurs se partageant en plusieurs catégories : ceux qui sont venus se montrer (Monsieur le délégué régional à l'éducation assiste à la représentation), ceux qui sont venus pour dire bonjour à leurs voisins, ceux qui sont venus pour filmer avec leur appareil téléphonique la représentation et ceux qui sont venus en amoureux du théâtre. Tout cela forme une communauté souriante, bienveillante.

Les acteurs terminent la représentation épuisés mais heureux.

 

Vendredi 26 avril : 18 heures ; nous mettons en place un plan pour éviter les débordements.

Organiser l'accueil des spectateurs : les maintenir à l'extérieur de l'établissement, un quart d'heure avant la représentation les recevoir par petits groupes et les placer sur nos gradins. Les inviter chez nous, au théâtre.

L'écoute est attentive. La représentation retrouve son rythme, sa fluidité malgré la chaleur du soir. Nous avons le sentiment de comprendre un peu mieux ce qui nous arrive. Les acteurs s'entendent, le spectacle respire.

Certains spectateurs reviennent pour la deuxième fois, c'est pour nous le plus beau des cadeaux : des enfants de l'école qui pour rien au monde ne manqueraient ce rendez-vous, mais aussi des adultes qui s'empresseront de venir nous parler le spectacle fini.

 

Médenine

Samedi 27 avril :

Depuis notre départ de France sous la neige à la mi mars, enfin nous prenons quelques jours de repos… L'équipe se disperse et c'est ainsi que se termine la première partie de notre aventure.

En cette première partie de l'histoire, l'acteur Kilani deviendra Kilo et l'actrice Nourhène sera Karo. Mais, ne dit-on pas que la deuxième partie est toujours la meilleure ?   A suivre ….

 

 

=> la Galerie Photo du festival expérimental de Médenine :

https://www.facebook.com/media/set/?set=a.492614767460696.1073741840.127888193933357&type=1
مقتطفات من مسرحية "من هنا" بمدرسة ام النمر

 

Tournée en Tunisie – Suite des pérégrinations et du repérage

Lundi 25 mars : le matin, rencontre avec le Centre Dramatique et Scénique de Gafsa. Le premier lieu visité est le bon : la bibliothèque régionale à proximité du campus. Un lieu animé, fréquenté par les étudiants.

L'après-midi nous nous rendons à Tozeur. Rendez-vous dans la grande palmeraie. C'est là que nous jouerons notre spectacle.

 

Mardi 26 mars : le matin, traversée du Chott El Jerid : 60 km en ligne droite à travers une étendue saline.

En fin d'après-midi nous parvenons à Douz, nous jouerons dans un centre réservé à la jeunesse sous de grands eucalyptus.

 

Pause dans le Chott El Jerid

 

Mercredi 27 mars : nous quittons Douz au matin. Nous coupons dans la montagne. Nous passons des cols minéraux avant de redescendre vers Toujene puis Matmata célèbre ville troglodyte. Pour la tournée nous n'utiliserons pas cette route, ou alors, il nous faudra envisager beaucoup plus de temps et se préparer à pousser notre attelage.Nous ne jouerons pas au capitaine Fracasse.

Le soir, retour à la caravane face à la mer à Aghir dans l'île de Jerba.

 

Jeudi 28 mars : installation des gradins.

Il nous faudrait parler de la beauté des paysages, de l'accueil, des malentendus, des bien entendus, de ce qui rend le voyage inattendu et la rencontre si chaleureuse.

 

Vendredi 29 Mars : Rencontre avec les comédiens tunisiens. Cette fois nous y sommes.

Kilani arrive vers neuf heures avec sa mobylette. Il réside à quelques kilomètres. Nous l'avions rencontré il y a presque deux ans. Il venait de finir sa formation à l'Institut Supérieur des Arts Dramatiques. C'est avec lui que nous avions rêvé notre projet. C'est lui qui depuis nous servait de contact permanent. C'est grâce à lui que nous avions pu adapter notre projet à la réalité tunisienne. C'est aussi avec lui que le soir dans l'obscurité, nous sommes allés à la rencontre de Nourhène, la comédienne. Elle débarquait du bac qui relie l'île au continent, une écharpe blanche nouée autour du cou « c'est vous Nourhène? » « oui, comment vous savez? ». Sur la jetée du port, il régnait une ambiance à la Humphrey Bogart.

Le soir pour le repas l'équipe était au complet.

 

L'équipe Franco-Tunisienne

 

Face à la mer, les répétitions vont bon train. Nous devons nous adapter au vent, au soleil, à la chaleur, aux chats et au sable de la plage.

Ne croyez pas que cela soit idyllique. Les températures passent de 22° à 34°. Le vent souffle, le bruit incessant des vagues et la nuit étoilée qui le soir vient recouvrir notre campement.

Nous passons beaucoup de temps dans la caravane ventilée à apprendre nos textes, profitant du moindre signe de fraîcheur pour répéter dans l'espace.

Répéter dans notre dispositif, c'est vivre un peu de notre aventure nomade. La caravane est à la fois le décor mais aussi notre lieu de vie et surtout notre cuisine. Pendant les répétitions, le poulet au citron mijote dans la cocotte minute. Pas de temps mort, la fin de la cuisson indique la fin des répétitions. Depuis le premier jour sauf pendant les repérages, nous nous sommes toujours préparés la cuisine.

Nous apprenons à mieux nous connaître, les questions sur nos cultures différentes sont nombreuses. Sur le plan de l'engagement théâtral nous nous retrouvons très facilement, obéissant aux contraintes du dispositif, à la règle donnée par le texte, à la musique qui est venue renforcer notre propos. Mais dès les répétitions finies, autour de la table, nous essayons sans toujours y parvenir de comprendre un peu ce qui détermine l'autre. Nous sommes «  les francis », des sans dieu, alors que nos camarades de travail vivent avec l'idée d'un Dieu qui serait là au-dessus de nous quoi que nous fassions, quoi que nous pensions.

 

Et capitaine Fracasse dans tout cela ? Ne se serait-il pas, lui aussi laissé envoûter par Circé ? Ne dit-on pas que c'est à Jerba qu'elle résidait?

 

Et le spectacle. Que devient-il ?

 

Nous avons joué, une première version de « c'est par la ». Rico et Renato racontaient l'histoire pendant que Léo baignait le spectacle de son et de musique qu'il exécutait depuis la caravane.

Ici, c'est une nouvelle création que nous mettons sur pied.

Bien sûr l'histoire reste la même. Renato Et Rico sont toujours là. Léo joue toujours du piano.

Seulement voilà, l'adaptation du texte en arabe littéraire à transformé la forme, l'enjeu. Le dédoublement dont nous parle l'auteur dans son texte est directement matérialisé par la place que prennent les deux langues dans le spectacle. Il se crée une forme d'oratorio reliant les deux continents. La poésie des deux langues qui se tissent renforcent le propos initial.

Nous ne nous sommes pas contentés d'adapter le spectacle il nous a fallu le repenser, le réinventer.

 

Si le théâtre « c'est l'étranger qui passe ». Avec cette création l'étranger est double.

 

 

 

 

Suite des péripéties de la compagnie ou qu’est devenu le capitaine Fracasse ?

Samedi 16 mars : Sortie du bateau à La Goulette.

Ici vit toute une population : certains en uniforme, d'autres en civil ; les civils étant souvent les plus énigmatiques…

Éric et Yvan vont très vite être confrontés au rituel des douaniers. Un mot glissé dans l'oreille et l'affaire est faite (bakchich)...

« Alors René comment ça va » ? C'est notre vieux complice des tournées précédentes Si Hedi Haïssa. Ses yeux sont toujours aussi bleus mais qu' a-t-il de changé ? Il porte un anorak rouge, une casquette, une grande écharpe orange. Est-ce cela l'effet de la révolution ?

 

Premier rendez-vous à l'Institut Supérieur des Arts Dramatiques de Tunis. Premier contact avec les taxis jaunes « S'il vous plaît, rue Mikhaïel Nouaïma».  Regard interloqué du chauffeur de taxi… Est-ce que je parle mal ? Est-ce que tout cela n'a aucun sens pour lui ? Pourtant, il me dit « oui je vois à peu prés… ». À l'Institut Supérieur d'Art Dramatique, d'énormes portraits faits au pochoir ornent les murs de l'établissement : Che Guevara, Brecht et Choukri Belaïd (cela fera bientôt 40 jours qu'il a été assassiné).

Les élèves sont en grève. Personne n'en parle dans la presse. Nous apprendrons plus tard qu'ils protestent contre le chômage des comédiens. La rencontre avec Mahmoud Mejri, directeur, est directe, chaleureuse. On a l'impression de se connaître depuis longtemps.

 

Deuxième rendez-vous devant le Théâtre Municipal de Tunis. C'est ici que les cortèges s'arrêtent, c'est ici qu' il y a quelques semaines un jeune homme désespéré s'est immolé, c'est ici que les manifestations sont les plus fortes. Malgré une Ambassade de France encerclée de barbelés et de camions militaires, la ville vit son rythme naturel, les gens s'interpellent sur le boulevard, les taxis klaxonnent, les voitures s'arrêtent en plein milieu de la grande avenue. Si ce n'est un renforcement policier, tout nous paraît inchangé. Nous retrouvons Hedi Aïssa, notre adaptateur pour une première lecture du texte de Paul Emond "C'est par là".

Première nuit à El Zhara à environ 15 km de Tunis : un centre de vacances que nos amis tunisiens nous ont trouvé pour poser la caravane et passer nos premières journées à Tunis.

 

Pause dans l'histoire.

 Tunis, avenue Bourguiba, manifestation en mémoire à Chokri Belaid

 

Lundi 18 Mars : reprise des péripéties

Le matin, rendez-vous avec Anouar Chaafi, directeur du Centre National des Arts dramatiques de Tunisie. Nous l'avions déjà rencontré : une grande force dans un corps chétif. Depuis notre dernière visite, son corps est encore plus chétif et pourtant c'est lui qui réorganise le théâtre en Tunisie et prend le temps de nous rencontrer longuement.

Il est heureux de nous annoncer que le recrutement de la prochaine promotion des élèves de l'école nationale du cirque dont il a la responsabilité est effective : 12 élèves ont été sélectionnés. Notre projet de formation avec les circassiens pourra avoir lieu la première semaine de juin : rendez-vous est pris, nous nous retrouverons à l'institut national pour implanter nos gradins et notre caravane et mélanger cirque et théâtre.

 

Et le capitaine Fracasse, qu'est-il devenu ? J'y arrive...

 

Mardi 19 Mars : dans l'après midi, rendez-vous à l'Institut Français de Coopération. Le moins que l'on puisse dire c'est que nos derniers échanges n'ont pas été très cordiaux. Nous n'avions pas apprécié les termes de leur dernière correspondance et nous l'avions fait savoir de manière ferme et non moins respectable.

Devant l'ascenseur : « c'est sans doute avec vous que j'ai rendez-vous ? », « certainement », « donnez-moi quelques minutes et je suis à vous »… Quelques minutes plus tard nous étions dans le bureau de l'attachée culturelle en compagnie de deux de ses collaboratrices. La tension est forte, palpable. Pourtant en apprenant à se découvrir sans jamais renoncer à ce qui fait notre engagement, l'institut comprend mieux la qualité et l'originalité du projet que nous allons réaliser dans les jours qui viennent.

Il y eut donc en ce début de rencontre un climat orageux, puis quelques accalmies. Nous nous quittâmes par beau temps. Madame Dorothea Marciak s'engageait à passer du temps avec nous au cours de notre séjour au mois de juin à Tunis pour mieux nous connaître et envisager un devenir commun.

Pauvre capitaine Fracasse, il n'eut même pas à ferrailler !

 

  Passage de dromadaires

 

 

Mercredi 20 Mars : Direction Médenine. Début des repérages.

17h30. Nous plaçons notre attelage devant le Centre des Arts Dramatiques et Scéniques de Médenine. Abdallah, le régisseur, nous installe. En quelques minutes l'eau et l'électricité sont branchés. Première nuit dans le sud.

 

Jeudi 21 Mars : Visite d'une école dans un quartier populaire à Métameur où tout le monde se connaît. Dans l'après-midi, direction Aghir et l'île de Djerba.

Nous aurions pu être rationnels, prendre la chaussée romaine. Mais comment ne pas succomber à la tentation ? Inutile de résister : nous prendrons le bac.

Nous étions prévenus : il y avait un très long temps d'attente mais la tentation était trop forte. Deux heures d'attente. Et c'est là que nous retrouvons à nouveau le Capitaine Fracasse. Dans notre caravane nous pouvions manger, faire la cuisine. Attablés tous les quatre nous mangions. Il fallait juste que régulièrement notre capitaine reprenne les rênes et fasse démarrer l'attelage sur quelques centaines de mètres…

A la sortie du bac, direction Aghir et son centre de jeunesse situé les pieds dans l'eau face à la mer. C'est ici que nous retrouverons les acteurs tunisiens pour répéter le spectacle « C'est par là » .

 

Plage d'Aghir

 

Vendredi 22 Mars : Nous poursuivons le repérage à Zarzis, puis Houmt Souk où nous jouerons notre première représentation à la Maison de la Culture : une petite place qui donne sur les cafés.

Retour de nuit à notre campement sur la plage d'Aghir.

 

 

Un début de tournée comme une épopée

Mardi 12 mars, 8h00 : le master et la caravane sur le port de Caen, il nous faut être le lendemain à Marseille, autre port pour embarquer à bord du Tanit en direction de Tunis.

Deux jours pour faire la route, une étape prévue peu avant Lyon. C'était sans compter la neige peu habituelle en ce milieu de mois de mars…

Nous avions rendez vous avec le Capitaine Fracasse, le froid et plus encore la neige.

Six heures pour rejoindre l'autoroute dégagée sur une voie et son premier péage à Dozulé. Il ne nous faudra pas attendre longtemps pour glisser et devoir déneiger sous les roues, pousser notre attelage. Nous ne savions pas que nous aurions à le faire encore trois fois dans le froid et la nuit sur les premiers kilomètres de l'A6 jusqu'à Fontainebleau où enfin la neige disparaîtrait.

3h00 du matin, il est grand temps de nous arrêter sur une aire d'autoroute, de nous coucher dans la caravane recouverte de neige, sans chauffage.

 

Mercredi 13 mars, 23h30 : le port de Marseille. La neige, en fondant, a mouillé deux de nos couchages. Le mistral redouble de violence. Nous sombrons dans le sommeil.

 

Jeudi 14 mars, 9h00 : embarquement. Prendre la file parmi les véhicules recouverts de meubles, de bicyclettes, de sacs de couleurs ; le traîneau du Père Noël en route vers le sud.

Nous sommes les derniers à entrer dans le ventre du Tanit et à rejoindre nos cabines bien douillettes. Le mistral continuait de souffler retardant nôtre arrivée de 24h.

 

Samedi 16 mars, 8h00 : enfin nous touchons le sol de la Goulette. Malgré le vent, l'air est doux. Il nous reste à nous confronter aux douaniers, à leur triste et immuable rituel.

 

 

Débuts du Capitaine Fracasse en Tunisie.