2eme partie de la tournée en Tunisie : Douz, Gafsa, Tozeur

Deuxième partie de notre aventure…

 

Lundi 6 mai : arrivée au centre d'hébergement à Douz.

Première nuit sous les eucalyptus.

Après les Maisons de la Culture et le Centre Dramatique, nous sommes reçus ici par une association de théâtre amateur. Pas de ministre, pas d'enjeu, juste le plaisir et l'engagement d'une vie, celle de son président, Mansour.

La température est chaude : 38° sous abri

 

Jeudi 9 mai : le spectacle est prévu à 20 h.

A 19h, nous attendons Mansour. Nous comprendrons plus tard qu'il a été retenu par son patron. En effet, Mansour est un amateur.

A 20h : pas de spectateur. «  ils vont arriver » nous dit une personne dont on comprendra plus tard qu'elle est le trésorier de l'association et qu'elle représente Mansour.

La représentation commence tard.

Accrocher vos ceintures : le spectacle va commencer… le spectacle commence… Et à ce moment précis : panne de moteur, pas de gaz. Nous n'arrivons pas à décoller, nous risquons de nous écraser.

L'Art comme véhicule : ce n'est pas qu'une formule.

A peine le spectacle commencé, Rénato arrête la machine, la ramène en début de piste et remet les gaz.

Les spectateurs assisteront à un représentation unique. La tension dramatique était palpable. Ce soir là nous avons touché du doigt toute la fragilité de notre condition d'acteur.

 

Vendredi 10 mai : à 19h, tout le monde est sur le pont.

Les passionnés de théâtre de Douz ont vécu avec nous la représentation de la veille. Eux aussi ont ressenti le frisson d 'une éventuelle catastrophe. Ils sont là, tendres et mobilisés.

Les acteurs retrouvent les gestes tribaux, ils font cercle, se réconfortent.

La nuit est belle, nous retrouvons nos sensations, la chaleur nous porte.

Ce soir, le Théâtre fait sens.

L'Art comme véhicule n'est pas un vain mot.

 

Nord Ouest Théâtre

 

Douz, nous n'oublierons pas.

Le capitaine Fracasse a bien failli ne jamais en revenir.

 

Dimanche 12 mai : Gafsa

Nous sommes reçus par le Centre Dramatique et Scénique ; une équipe qui au cours de notre repérage avait été très professionnelle, claire et précise. Tout était prêt. Il nous restait à découvrir l'armée Mexicaine (3 directeurs pour 7 permanents) et ses conséquences en matière de relations et de compréhension.

Pauvre Rico qui était chargé de la mise en place des 6 projecteurs nécessaires au spectacle. Sous son bonnet, la colère grondait.

Ne devant compter que sur nous-même, nous sommes partis à la recherche de correspondants de presse, d'animateurs de radio locale. Belle initiative qui nous fit rencontrer de très belles personnes dont Lakdar.

Lakdar est patron de la boutique « beau soleil », place centrale. Il a été architecte, acteur dans de nombreux films (Poli en Tunisie…), journaliste et puis pendant plus de vingt ans : plus rien, juste un boutiquier, vendeur de parfums made in China, de plaques d'immatriculation, de cartes postales, de pellicules photo et aussi photographe pour photos d'identité. Depuis, il est correspondant de presse et il a retrouvé le goût de l'écriture. Sur le trottoir, devant la boutique « beau soleil » : un arbre, planté par son père. Autour de l'arbre, un banc carrelé fabriqué par l'hôte du lieu qui met à la disposition de chacun la presse qu'il reçoit le matin.

 

Jeudi 16 Mai : représentation à 19h.

Parmi les premiers à arriver : 3 policiers en civil et 2 en uniforme. Parmi le maigre public : Lakdar bien sûr, le concierge de la bibliothèque dans la cour de laquelle nous jouons, Nourdine qui nous invitera à manger le couscous chez lui et sur le côté nos policiers .

Le spectacle trouve sa vitesse, l'équipe en oublie la galère de lumière.

 

Vendredi 17 mai :

Personne du centre dramatique (je ne leur donne plus la majuscule).

Pourtant ce soir là : le concierge, comme la veille au soir viendra au spectacle après s'être changé et un de nos policiers prendra place sur les gradins.

Alors oui : Gafsa est une ville exceptionnelle.

 

Dimanche 19 mai :

En route pour Tozeur. Nourdine, spectateur de Gafsa et grand connaisseur de la Normandie nous amène à Métlaoui pour prendre "le lézard rouge", célèbre train rouge du bey de Tunis et qui aujourd'hui serpente entre les mines de phosphate.

Dans le train, peu de touristes, il est rempli de Tunisiens en voyage d'entreprise. L'ambiance est joyeuse, on chante, on danse. Le train ne partira pas suite au mouvement de grève des ouvriers de la compagnie de transport, pourtant ce fut un beau voyage.

Arrivée à la palmeraie de Tozeur dans l'après-midi.

L'association théâtrale est bien présente. Après l'installation de la caravane et des gradins, nous nous retrouvons avec nos hôtes pour une première réunion de mise au point sous les palmiers.

Karine, notre administratrice, débarque à l'aéroport de Tozeur à 21 h. Elle nous rapporte des nouvelles de la Normandie : le pays lointain.

Début de soirée: invitation à partager le verre de l'amitié, nous commençons à mieux nous connaître. Le contenu des verres y est sans doute pour quelque chose.

 

Lundi 20 mai :

Tourisme culturel : nous partons nous baigner dans les oasis de montagne. L'eau est bonne, la température très agréable, le paysage merveilleux. Un programme chargé, culturellement très enrichissant.

 

Nord Ouest Théâtre

 

Dans la soirée : verre de l'amitié.

 

Mardi 21 mai :

Montage de la lumière. C'est toujours un moment remarquable. Rico, qui a pourtant connu l'Amérique Latine, continue de s'étonner sur le sens des mots, comme, pied à crémaillère. Mesquine Rico !

 

Mercredi 22 mai :

Reprise des répétitions et rencontre avec les membres de l'association théâtrale de Tozeur. Ils demandent à Rénato de parler des Arts de la rue, de l'espace public, du Théâtre ambulant. L'échange est exigeant, pour chacun, il résonne dans un moment très particulier de l'Histoire.

 

Demain représentation…

 

 

3 réflexions au sujet de « 2eme partie de la tournée en Tunisie : Douz, Gafsa, Tozeur »

  1. Salâm Nord-Ouest théâtre (spécialement Yvan),

    Merci pour ce journal de bord : on s'y croirait, on en rêve, on se dit qu'on va prendre l'avion et vous rejoindre à Tozeur, pour assister à la représentation sous les palmiers…

    D'ici on en entend surtout parler de la Tunisie en termes inquiets, face à une situation politique dont on voudrait qu'elle soit "exemplaire", quelques mois seulement après la révolution, alors qu'en France… no comment !

    Vivent le théâtre, la rue, le débat, les rencontres, les Lakdar, les Nourdine…

    Bonne route, amitiés,

    Hélène (de Bordeaux)

  2. Je doute que la Tunisie dispose ameltulecent de l’argent ne9cessaire pour cre9er de nouveaux festivals, e9ve9nements qui ne9cessitent tout de meamea0un certain investissement e0 la base. La Tunisie dispose de9je0 e0 l’heure actuelle d’un bon potentiel dans ce secteur : le festival de Carthage, le festival de Jazz de Tabarka et d’autresa0ont une renomme9e qui de9passe largement les frontie8res tunisiennes. Il faudrait donc de9je0 miser le0-dessus non seulement ena0donnant e0 ces manifestations davantage de visibilite9 et en accroissant leura0fre9quentation par une programmation de qualite9 exceptionnelle eta0la venue d’artistes e0 renomme9e internationale (ce qui est de9je0 plus ou moins le cas), maisa0surtout, en sensibilisant la population locale e0 la culture du festival eta0rendant celle-ci plus accessible au public et pas uniquement re9serve9e e0 une e9lite sociale, par le biais d’actions de me9diations (rencontre avec les artistes, re9pe9titions publiques ouvertes e0 tous, venue d’artistes dans les e9coles, les centres sociaux, accompagnement des publics spe9cifiques ).Eta0e0 terme oui Sami, e7a redonnerait un coup de peps au tourisme culturel !a0C’est un cercle vertueux a0a0a0de Azza CHERIF il y’a Samedi, septembre 10th, 2011 10:35 GMT +1